Africainement vôtre

Namibie - Jusqu'à la frontière de l'Angola

Avoir un 4x4 c'est profiter des virées en terrain hostile. Alors que l'on a mis pied à terre près de Walvis bay au bord de l'atlantique, on est allé faire un petit tour sur une des pistes environantes. Sur le chemin du retour, je vois un panneau "walvis bay by 4x4".

Ni une ni deux, je m'engage, c'est la fin d'après midi et un peu d'aventure n'est pas pour me déplaire, on est ici pour vivre ça et sortir de la routine! Mes pneus sont trop gonflés pour le sable, ma technique appliquée au Kalahari où à Sossusvlei : Tomber un rapport et passer en force pied au plancher lorsque l'on traverse une poche de sable mou. Généralement avec l'élan, ça passe. En fait, il manque un gonfleur dans ce 4x4 pour pouvoir jouer sur la pression. Les pneus sous gonflés apportent la motricité dans le sable mais risquent de crever lorsqu'on retrouve une piste plus caillouteuses. Et c'est une dunette de rien du tout échouée en travers de la piste qui est venue mettre le trouble à notre sortie hors des pistes carossables. Je ne roule pas très vite et au sortir d'une courbe, j'aperçois la configuration piégeuse... Je rétrograde, accèlere mais trop tard, la voiture est déjà dans le sable, elle se freine malgré la pédale d'accélarateur à fond, je n'ai pas assez de vitesse et fini par caler, j'essaye de repartir doucement mais rien à faire, les routes patinent ... Planté! MEEEERDE.

Dans quelques heures, il fera nuit, d'après mon GPS rando dont j'avais eu la bonne idée d'allumer, il doit y avoir 20 km avant de retrouver Walvis bay et la civilisation. En attendant, il n'y a que du sable ,des arbustes rabrougris.

On essaye bien de mettre quelques branches mortes sous les pneus, on fait ce qu'il ne faut pas faire, insiter, dégager le sable avec notre pelle, ce qui ne fait qu'enfoncer un peu plus le véhicule. On s'est ensablé et bon pour y passer la nuit ou plus...

 

 

Bon, la tension monte un peu dans le couple même s'il n'y a pas à paniquer. Je sais où l'on est, il y a ce qu'il faut dans le 4x4 en eau et nouriture pour trois ou quatre jours. De toute manière, il est trop tard pour partir, la nuit va tomber dans une heure. S'engage un peu la discussion de savoir s'il vaut mieux attendre ou aller chercher des secours! En général, dans les cas comme ça, il est conseillé de rester dans la voiture. Mon lonely planet cite le cas d'un couple hollandais dont on a d'abord retrouver le 4x4 puis quelques jours plus tard les corps désséchés et morts à une trentaine de kilomètres de leur véhicule... 

On décidera ça demain, la nuit porte conseil. En attendant, on regarde les lumières de la ville au loin en montant sur une dune. Une nuit dans le désert en camping sauvage c'est pas si terrible, ça nous fera des souvenirs pour plus tard.

Aux aurores, on quitte la voiture. On a pris de l'eau, le GPS est allumé. De toute manière on est pas complètement paumé. Il suffit de suivre la piste d'hier. Par chance, comme on se trouve près de l'océan, il y a une brume matinale qui atténue le soleil et la chaleur.

Deux heures que l'on marche, quand on croise deux 4x4 qui transportent des touristes espagnols. On explique notre cas, ils se détournent de leur itinéraire et viennent nous désabler. Bon, j'ai droit à une petite remontrance et surtout ils demandent un dédommagement parce que leur 4x4 s'est fait rayer en passant dans les buissons. 9a nous aura fait une sortie hors des sentiers battus.

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Retour aux sorties balisées avec une virée en bateau pour voir les dauphins et les phoques.  Walvis bay est un port de pêche prospère coincé entre océan et désert. C'est également un site classé Ramsar (un ensemble de protection des zones aquatiques dans le monde) ou pullule de nombreux flamants, pélicans et autres oiseaux. Finalement pas de dauphins mais une baleine et surtout l'impressionant vol des pélicans qui viennent nous frôler lorsque le capitaine leur jette des poissons.

 On poursuit notre route...

Une mention particulière aux montagnes de Naukuft et un joli petit parc qui offre une jolie rando même si le passage ci-après était un peu chaud.

Au fil de notre itinéraire, les paysages désertiques n'en finissent pas de m'éblouir. Passage du tropique du capricorne, des panneaux de signalisations atypiques, la welwitschia (une plante du désert millénaire), des peintures San dans le massif du Brandberg, les premiers Boababs et aussi une énorme météorite, des forêts pétrifiées jalonnent notre parcours.

Les clichés du Damaraland jusqu'à Etosha:

Avec malgré tout un peu de vie avec cette vendeuse de souvenir en habit traditionnel dont j'ai oublié l'éthnie. (Damara?)

Nous sommes dans le Damaraland et notre étape du jour est au Palmwag lodge. On l'a atteint après une péripétie dont j'ai le secret: Partir avec insuffisament de carburant pour la distance à parcourir. Ce qui signifie calculer la conso et estimer si ça va le faire ou pas, rouler à 30 km/h lorsque la réserve s'allume et enfin tomber en panne à 10 km du but. J'y étais presque. J'avais fait quelques détours dans un des rare villages avec l'espoir qu'un habitant ait un ou deux litres pour me dépanner. C'est un taximan ne roulant que de nuit (?) qui me dépannera au cas ou je ne rejoindrai pas mon but.. Après coup, je me suis posé la question s'il n'allait pas me venir avec des collègues pour nous dépouiller... Mais rien de tout cela. Il me tractera avec la corde jusqu'à la station de Palmwag quand il verra le 4x4 garé sur le bas coté.

Arrivé au lodge, on fera le check-in demain, il est tard. On me dit juste de faire attention à Sebastian. Sebastian c'est l'éléphant sauvage à qui il arrive de se balader dans le camp. Ceux qui n'ont que des tentes igloo bloquent l'entée de leur enclos avec leur véhicule. On est au plus proche de la nature et c'est ici que j'ai pris une des plus belle douche de ma vie car celles-ci ont une fenêtre s'ouvrant sur la savane et les montagnes aux teintes rouges.

Le lendemain, une sympathique rando à pied qui nous fait approcher les girafes, quelques zèbres dans de superbes arrière-plans. 

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Etosha. Je ne conseillerais pas ce parc pour une première, il vaut mieux choisir le Botswana ou l'Afrique du Sud (voir Kenya que je ne connais pas). Les paysages sont arides et plats avec une maigre végétation. Ces grandes étendues plates et salées qu'on appelle localement "pan" ou salar se remplissent d'eau aux saisons des pluies. En periode sèche il ne reste que de minuscule point d'eau ou se concentrent les animaux.  Ce qui semble incroyable c'est que cette aridité réserve la surprise d'apercevoir d'innombrables animaux au crépuscule.

Un faune riche et avec un bonus léopards en quittant le parc.

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La dernière partie de notre itiniraire, nous mènera dans le Kaokoland. Les grands propriétaires terriens ont fait place à l'agriculture traditionnelles des Himbas. On doit traverser un frontières saniataire et on me fera comprendre que je n'ai pas le bon papier. Je devrai m'aquitter d'une amende de 15 euro. Ma foi, elle a l'air vraie cette amende. Pas de backchich et un reçu en bonne et due forme.

Nos rencontres avec les Himbas sont toujours moralement délicates pour moi. J'ai toujours du mal à sortir l'appareil photo et partir. Les échanges pour ces clichés sont l'occasion d'échanger quelques babioles, on nous demande une cigarette, de l'argent, des bonbons en général je préfère donner des fruits pour une photo.

La particularité de cette ethnie est leur mode de vie ancestral ainsi que leur parure qui les fait s'enduire d'argile et de graisse animale. Ils vivent principalement d'élevage (et maintenant un peu du tourisme pour le meilleur et pour le pire) mais comme tout la mordernité (dont je contribue) affecte leur mode de vie. C'est la course du monde tel qu'il est avec mon (notre) envie d'aller voir l'ailleurs. C'est bien pour cette raison que je préfère photographier les paysages ou bien lorsqu'il y a un semblant d'échange. On fera une sortie organisée qui ne ma plaira pas plus.

 

Lors d'un casse croute au bord de la route, on échange quelques victuailles de nos repas respectifs  et par chance un jeune présent nous sert de traducteur.

On transportera à la fin de notre une mamy à l'arrière de notre 4x4, ça lui économisera toujours son taxi.

Nous voila arrivé au point de retour de notre trip. Epupa fall marque le point le plus au Nord de l'itinéraire, Ici c'est la rivière Kunene qui fait frontière avec l'Angola voisin.

A gauche de la rivière l'Angola, à droite la Namibie.

Il nous reste maintenant une semaine pour resdescendre sur Johannesbourg en repassant par le Windhoek la capitale et Kgalagadi qui nous avait tant plu à l'aller. 

Quatre semaines riches et intenses qui appelleront d'autre voyages en Afrique.

A+

 

 

 


Publié à 19:59, le 25/08/2013, Namibie
Mots clefs : DamaralandKaokolandEtoshadéserthimbaspaysages


Commentaire sans titre

16:38, 26/08/2013 .. Publié par Paco
Comme d'hab...un regal! Merci!

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